Des menus de Noël sans fautes

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Nautile Relecture Correction des menus de Noël

 

Une anecdote rapporte qu’Alphonse Allais, écrivain et humoriste français de la fin du XIXème siècle, se trouvait un jour à la table d’un restaurant. Avisant le serveur, il lui demanda : « Servez-moi des fautes d’orthographe ! »

Le serveur lui répondit qu’il n’avait pas cela. Alphonse Allais lui rétorqua : « Alors, pourquoi en mettez-vous dans votre carte !? »[1]

Vous le voyez, un beau menu, une belle carte, qu’ils soient de tous les jours ou concoctés spécialement pour les fêtes, se doivent d’être parfaits. Et la perfection, outre des mets et des vins soigneusement choisis, c’est aussi une orthographe, une conjugaison et une grammaire mitonnées aux petits oignons.

 

Le risque de fautes d’orthographe est-il courant dans les cartes et les menus de fêtes ?

 

Comme pour tout document écrit, le risque est avéré si on ne prend pas le temps d’une relecture ou si on ne délègue pas celle-ci. Lorsqu’on est à la fois l’auteur et le relecteur, la difficulté est amplifiée car le cerveau reste focalisé sur le fond et ne perçoit pas toujours les défauts et parce que la fatigue et le manque de temps se font parfois sentir.

On peut repérer des confusions d’homophones : turbo et turbot (le nom du poisson), amande (c’est celle-ci qui rend un gâteau absolument délicieux) et amende, canne et cane (la femelle du canard), cep (le pied de la vigne) et cèpe (le champignon), foie (gras, bien sûr) et fois, sèche et seiche (c’est elle qui produit de l’encre) …

Comme dans tout texte, il y a les lettres oubliées ou triplées, mais aussi les erreurs d’accords qui sont à vérifier absolument :

Escalope de veau poêlée, accompagnée de haricots verts et de pommes de terre frites

Un trop plein de majuscules nuit à la lecture car on ne distingue plus parmi les mots ceux qui revêtent une certaine importance :

Paupiette De Bœuf Au Riz Pilaf et au Vin de Bordeaux ? Vraiment ?

Non, bien sûr, cette attribution des majuscules initiales obéit à des règles précises.

 

Les noms des vins et alcools (qui sont à consommer avec modération) se conforment à certains usages de typographie précis :

 

Les alcools et les liqueurs, noms communs génériques, s’écrivent en lettres minuscules, sans guillemets et n’ont pas de majuscule initiale : du calvados, du kirsch, un large choix de whiskys, du jambon au madère, des bières de garde, des stouts…

Lorsqu’il s’agit de marques au nom déposé, on écrira le nom avec une majuscule initiale : le Cinzano… Comme pour tout nom de marque, le pluriel ne prend pas de « s » : des Cinzano.

L’écriture des noms de vins suit également des règles précises de typographie. Les noms de cépages sont des noms communs, pas de majuscule initiale, pas de guillemets : du pinot, des cabernets…

Il en est de même pour les vins qui portent le nom d’un lieu. Pas de majuscule initiale, pas de guillemets : un côtes-du-rhône, un châteauneuf-du-pape…

Attention cependant aux subtilités : un bordeaux mais un vin de Bordeaux car il est ici question de la ville.

 

De nombreux noms d’aliments comportent des nuances dans leur écriture :

 

Le nom des fromages peut comporter les mêmes subtilités que celles des vins : du brie et du fromage de Brie, de l’édam et du fromage de la ville d’Edam, du cantal ou du fromage de Cantal (la région).

Les noms des animaux de races à viande suivent les mêmes règles : une vache d’Aubrac, une blonde d’Aquitaine…

Dans d’autres recettes, on peut trouver : une béchamel mais une sauce Béchamel (nom du maître d’hôtel de Louis XIV) ; des coquilles Saint-Jacques mais des saint-jacques…

La forêt-noire est à différencier de la région allemande : la Forêt-Noire (à ne pas confondre non plus avec le foret, outil de bricolage, sans accent).

Et il en existe bien d’autres !

 

Vos clientes et clients ne vous feront peut-être pas remarquer les coquilles dans votre carte ou votre menu (à moins qu’ils aient adoré la nouvelle recette de saint-jacques). D’autres, à la manière d’Alphonse Allais, seront plus pointilleux. Il serait dommage qu’ils ne retiennent de votre carte que des erreurs de langue et pas les découvertes gastronomiques qu’ils pourront y faire.

N’oubliez pas que certains clients ne laissent rien passer :

https://bonappetitbonnejournee.tumblr.com/

Nautile Relecture correction de menus de Noël

 

[1] Anecdote rapportée entre autres par Jean-Pierre Colignon dans son Dictionnaire orthotypographique moderne, CFPJ Éditions, 2020.