Anacoluthe

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En allant à la boulangerie, l’orage a inondé les rues.

Nous prononçons tous des phrases de ce genre, n’est-ce pas ?

Pourtant, une erreur se cache à l’intérieur. Mais où ça ?

Les verbes « en allant » et « a inondé » n’ont pas le même sujet. Ce n’est pas l’orage qui est allé à la boulangerie.

 

Regardons quelques exemples et nous allons nous apercevoir que nous sommes assez familiers de ces erreurs de syntaxe

En déménageant dans le Finistère, ma carrière y a beaucoup gagné.

Qui a déménagé dans le Finistère ? Moi ou ma carrière ?

 

Afin de ranger le magasin, le patron me demande de finir un peu plus tard.

Mais qui va ranger le magasin ? Le patron, qui souhaite, par exemple, que je tienne la caisse, ou moi ? Ce n’est pas très clair…

Arrivé à l’hôtel, le réceptionniste l’attendait.

Ici, bien sûr, il n’y a pas d’ambiguïté ; c’est le client qui arrive à l’hôtel, le réceptionniste s’y trouve déjà. Mais la phrase contient une erreur, les deux verbes doivent avoir le même sujet. On écrira plutôt : « Lorsque le client est arrivé à l’hôtel, le réceptionniste l’attendait ».

 

Cela s’appelle une anacoluthe, une « rupture ou discontinuité dans la construction d’une phrase », selon le dictionnaire Le Robert en ligne.

Il y a une ambiguïté dans la phrase qui n’est plus acceptée aujourd’hui dans la langue française. C’est la règle du sujet identique.

 

N’ayant pas respecté le sens interdit, le gendarme a arrêté le conducteur fautif.

Le bon sens nous indique que ce n’est pas le gendarme qui n’a pas respecté le code de la route. Mais le sujet de « n’ayant pas respecté » n’est pas clairement évoqué dans la phrase. Il faut la modifier pour le faire apparaître :

« Le conducteur n’ayant pas respecté le sens interdit, le gendarme l’a arrêté. »

 

Certaines difficultés sont difficiles à repérer, l’œil expert d’une relectrice-correctrice peut s’avérer utile.

 

Pour guérir rapidement, le vétérinaire doit donner au chat un remède adapté.

On peut espérer que ce n’est pas le vétérinaire qui est malade, car cela ne le remettra pas en forme de donner un remède au chat. Ici, le verbe « guérir » n’a pas de sujet clairement identifié. Il faudrait modifier la phrase pour qu’elle soit correcte :

« Pour que le chat guérisse rapidement, le vétérinaire doit lui donner un remède adapté. »

 

Avant de se consacrer à l’écriture, il faut savoir que Pierre possédait un garage.

Celle-ci est plus difficile à repérer, n’est-ce pas ? Elle paraît tout à fait correcte et pourtant l’ambiguïté demeure. Qui va se consacrer à l’écriture ? Est-ce Pierre, le garagiste, ou peut-être nous, qui souhaitons rédiger une nouvelle dont Pierre serait le héros ?

 

Pour terminer, je vous propose un petit jeu ! À votre tour d’exercer votre œil de lynx !

 

Parmi ces six phrases, lesquelles contiennent des anacoluthes ?

 

  • En arrivant à la caisse, l’addition s’est révélée très salée.

 

  • Pour qu’il puisse prendre des vacances, Julien devra terminer son travail rapidement.

 

  • Dangereux par son agressivité, Paul se méfie beaucoup du chien du voisin.

 

  • Étant fiévreux depuis une semaine, le médecin m’a prescrit un arrêt de travail.

 

  • Étonné par la nouvelle, le portable lui est tombé des mains.

 

  • Après avoir longtemps été la vedette de Broadway, le public l’a finalement oublié.

 

 

Le jeu vous a-t-il paru facile ? Saurez-vous repérer les anacoluthes à coup sûr ?